Même les stars admirent. Même les artistes qui fréquentent les sommets de la notoriété et de la reconnaissance ont des envies qu'ils croient impossibles à combler. Et il leur faut parfois longtemps avant d'oser suivre une envie.

Ainsi, Serge Lama aurait aimé d’autres mélodies, d’autres compositeurs, d’autres univers. Il ne s’était pas lassé de ses fidélités, pourtant il ne s'était pas lassé de ses décennies de compagnonnage et de fidélité avec Yves Gilbert et Alice Dona. Il rêvait de chansons d’artistes qu’il admirait, tous compositeurs mais aussi interprètes. « Dès le départ, avoue-t-il, je n’ai pas voulu avoir de style propre, ni dans la musique ni dans les mots. Ce qui m’importe, c’est la chanson – ce qu’elle veut, ce qu’elle doit être. Mais j’ai toujours admiré des artistes qui ont un style très reconnaissable, que ce soit Georges Brassens avant mes débuts ou Michel Berger et Alain Souchon, qui ont apporté quelque chose de très neuf à la chanson alors que j’étais déjà chanteur. »

Après des années à caresser un songe qu’il pensait impossible à concrétiser, l’idée s’est presque imposée d’elle-même : Serge Lama a rassemblé les compositeurs qu’il aime pour son nouvel album. Comme disait un standard de jadis, ils sont venus, ils sont tous là : Francis Cabrel, Julien Clerc, Caolgero, Pascal Obispo, Carla Bruni, Salvatore Adamo,  Christophe Maé, Maxime Le Forestier, Bénabar,  Patrick Bruel, Gérard Lenorman, et aussi Yves Gilbert et un complice plus récent, Davide Esposito.

« Il a fallu que j'oublie ma timidité », avoue l'artiste qui a conquis toutes les grandes salles de France et affronté tous les publics. Car cet ogre de la scène est aussi un homme pudique qui ignorait que, chez ses confrères, il avait aussi des fans, comme Patrick Bruel qui avait joué beaucoup de ses chansons et qu’il avait surpris, dans un bar de Saint-Germain-des-Prés, chantant La Chanteuse a vingt ans : « Je devais avoir vingt ans, justement ; il m’avait écouté avec beaucoup d’attention, puis il m’avait encouragé », se souvient le cadet. Et Salvatore Adamo, qui est né en 1943 et a enregistré son premier disque en 1964 – tout comme Serge Lama –, a accepté pour la première fois de sa carrière de mettre en musique un texte qui n’est pas de lui – le sarcastique et country-rock Quand on est pauvre…

Bénabar voit en lui « une référence, un modèle d’exigence », Julien Clerc parle d’« un écrivain de chansons » et Calogero d’« un grand poète », Carla Bruni le décrit comme « ténébreux et tendre », Christophe Maé voit « son regard bienveillant » et Pascal Obispo a grandi en écoutant ses chansons…

Dès lors, construire cet album était presque simple, avec la précieuse attention de Sergio Tomassi à la réalisation. Serge Lama envoie un, deux, trois textes à ses compositeurs… Francis Cabrel se reconnaît admiratif de « la réserve de puissance qu’il y a toujours dans ce qu’écrit Serge » ; Carla Bruni « tombe immédiatement amoureuse » de Casablanca, qu’elle enregistrera en duo avec lui ; Pascal Obispo est pris d’« une fulgurance » et compose Bordeaux sitôt avoir reçu le texte sur la ville de leur enfance à tous deux…

Ces artistes qui ont chacun leur univers se mettent à dialoguer avec la voix intense de Serge Lama et avec une écriture qui explore toujours des territoires nouveaux, comme Hop tempo, fantaisie érotique intemporelle que Gérard Lenorman met en musique. Julien Clerc le dit droitement : « J’ai été épaté quand j’ai reçu les textes. Il a une verve, une verdeur dans le style, une énergie, une urgence… » Il signe deux compositions, Où sont passés nos rêves et Mais je n’t’en veux pas. Maxime Le Forestier, qui a travaillé sur la très politique Lettre à mon fils, constate qu’« il lui faut des compositions amples, lui laisser de la place tant il fera siennes les musiques. »

L’auteur s’est aussi laissé surprendre par ce qu’exigeaient certaines mélodies, comme quand Bénabar semble élargir la thématique des Adieux des artistes, auquel Serge Lama ajoute un couplet. Et les trois musiques données par Francis Cabrel transforment aussi les textes, même quand le compositeur travaille sur le texte de Golgotha, évocation du Christ que l’auteur avait écrite des années plus tôt. Et le premier single de l’album, Les Muses, était au commencement un cadeau de Lama à Cabrel, qui peinait alors à terminer son propre album – « ce qui fait que je chante sur le manque d’inspiration que je n’ai jamais connu », s’amuse-t-il.

À ce grand panoramique de la meilleure chanson française sur plusieurs générations ne serait pas complet sans Yves Gilbert qui a mis en musique Le Cloche d’Elseneur, bouleversante chanson sur la maladie d’Alzheimer, et le benjamin Davide Esposito sur les serments de Je serai là et sur l’hommage à Johnny Hallyday dans L’Idole.

Cette année de chantier n’a pas produit que l’album Où sont passés nos rêves : on entendra bientôt des chansons de Serge Lama sur quelques albums en préparation, et Céline Dion a enregistré Plus qu’ailleurs, écrit avec Francis Cabrel… Ce n’est pas anodin : ces rencontres ne sont pas des « coups » distraits, mais des aventures, des partages, comme si tous attendaient depuis longtemps de travailler ensemble. Et il ne s’agit pas seulement d’un magnifique album de Serge Lama ; cela ressemble à un éclatant bulletin de santé de la chanson française.

LE MOT DE SERGE

"Vous allez entendre, à compter du vendredi 23 septembre (et le plus souvent possible je l'espère sur les radios), le premier titre de cet album copieux puisqu'il aura au total 16 chansons. Ce premier single s'intitule « Les muses », c'est un texte que j'avais préalablement écrit pour Francis Cabrel et qui finalement m'échoit pour mon plus grand bonheur. C'est une chanson qui retrace l'angoisse du créateur devant la page blanche, la peur que « les muses » nous abandonnent définitivement. C'est quelque part une chanson d'amour car « les muses », ces divines inspiratrices sont souvent des femmes, car sans la gent féminine combien de poètes auraient rangé leurs crayons, leurs plumes, leurs oiseaux. Ecoutez-la bien, laissez-vous envoûter comme je l'ai été moi-même par la lancinante musique de Cabrel, l'arrangement subtil et onirique de Sergio Tomassi et par mes phrases qui m'ont été comme inspirées par un ange. J'attends vos avis avec une impatience fébrile. J'ai tant travaillé sur ce disque pour vous offrir le meilleur de moi. À bientôt pour la sortie de l'album, le 4 novembre, et merci pour votre fidélité."

S.L

Serge Lama

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