Sentiments, sexe, solitude sont intimement associés…A l’origine, il y eut d’abord probablement le sexe lequel mû par la préférence d’un être par rapport à un autre a inventé ce que l’on nomme communément les sentiments. Et quand il y a divorce, entre ces deux amis ennemis, le mot solitude apparaît, soit comme une délivrance, soit comme une punition, d’ailleurs, peut-être la solitude était avant le sexe. Peut-être est-elle le sobriquet de Dieu, puisqu’avant était le Rien, et le Rien n’est-il pas la solitude? Dieu s’ennuyait, il a inventé le monde, ce qui fait de lui le premier grand Solitaire.
Ce livre n’est pas une autobiographie, mais ce n’est pas non plus le contraire. C’est le recueil d’un adolescent qui, entre douze et dix-sept ans, s’est livré sans faillir, quotidiennement, aux plaisirs solitaires, en lisant en vrac toutes les œuvres interdites des grands poètes et romanciers, Sade, Apollinaire, Verlaine et j’en passe.
J’ai choisi une écriture classique épousant tous les styles qui ont enchanté ma jeunesse, du libertin grivois et truculent jusqu’à celui plus glauque et plus trivial de la modernité.
Ce livre met en exergue ma part féminine dans Sentiment et Sexe et ma part masculine dans Solitude.
Je pense profondément que la solitude a enfanté le sexe et que le sexe fut le vivier du sentiment. Tels des satellites en orbite, la trinité de ces S tourne en rond depuis la nuit des temps.
En cinquante-deux ans d’écriture, c’est la première fois que je me suis senti complètement libre…